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Les pratiques alimentaires des touristes étrangers accueillis en France
Les pratiques alimentaires des touristes étrangers accueillis en France

Les pratiques alimentaires des touristes étrangers accueillis en France

Ce document est une rapide présentation des dimensions culturelles de l’alimentation des populations de touristes visitant la France.

Son objectif est d’aider les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration françaises à mieux comprendre les pratiques alimentaires de leurs clients étrangers ainsi que la façon dont ils abordent la cuisine française.


Les propositions qui en découlent doivent permettre une adaptation de l’offre par les professionnels de l’hôtellerie/restauration afin de faciliter l’accès à la gastronomie française. S’adapter n’est pas chose simple et tolérer les habitudes et les « petites manies » des autres est indispensable pour une relation respectueuse entre deux sociétés différentes : « le respect engendre le respect ».


Que chaque province, chaque canton, pauvre ou riche en trésors culinaires, peu importe, enseigne, patiemment,
le goût des nourritures du terroir et son sens de la mesure, de façon que le voyageur puisse découvrir, à travers la
cuisine, le cœur et l’âme de ceux qui l’ont conçue, la pratiquent et l’aiment, telle qu’elle est, quelle qu’elle soit.


Léo Moulin, L’Europe à Table, 1975

Qu’est ce que la culture alimentaire ?

Qu’est ce que manger ? Est-ce remplir son estomac pour satisfaire sa faim ? Mais alors pourquoi ne mangeons-nous pas la même chose à travers le monde ?


Quelles sont les raisons qui font que nous mangeons du bœuf alors que les Hindous s’interdisent à en consommer ? Pourquoi mangeons-nous du porc tandis que d’autres s’y refusent ? Est-il si évident que nous mangions avec des fourchettes alors que d’autres cultures mangent avec leurs doigts ou des baguettes ? Pourquoi faisons-nous trois repas par jour alors que dans certaines cultures une journée alimentaire se compose de 2, 5 voire 10 repas par jour ? Comment se fait il que nous aimions la viande saignante et que d’autres voient dans cette pratique quelque chose de désagréable, voire de répugnant ? Toutes ces questions nous rappellent que nous appartenons tous à une culture alimentaire qui définit l’ordre du « mangeable » et les modalités de préparation et de consommation des aliments. Les cuisines et les manières de tables sont de puissants marqueurs identitaires.


Notre modèle alimentaire fait partie de notre patrimoine culturel. Prenons un exemple simple : nous ne mangeons ni insectes, ni chiens, ni chats pourtant ces produits sont consommés par certaines populations à travers le monde car ils sont valorisés et entrent dans leur registre du mangeable, ainsi pour les Français les cuisses de grenouilles et les escargots, qui peuvent faire horreur à des mangeurs d’autres cultures alimentaires.


Le monde occidental a été choqué, lors de la dernière Coupe du monde de football, d’apprendre que les Coréens mangeaient du chien et nous avons même été jusqu’à demander l’interdiction de sa consommation pendant toute la durée de cette manifestation. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, les Anglo-Saxons étaient choqués par notre brutalité envers les oies et les canards lors de leur gavage : ne sommes-nous pas les barbares des autres ?